mercredi 4 janvier 2012

Christian Erwin Andersen









"Mon sang est né au Pays Sans Chiens
à deux pas des sources du questionnement.
Il en est le féal et fleure bon l'époque.
mais mon sang est de fureur surtout.
Enfant en bail de violence il hante
les banlieues insurgées
Mon sang a de la voix. Elle gronde.
Si on venait à le blesser
nul doute elle prendrait les armes.

Car lorsqu'il s'élève le chant de mon sang
Réjouit mes pères.
Comme eux il est sanguin vif et fort.
Il accompagne les hordes qui guerroient.
Ses fêtes sont mes lumineuses liturgies.
Elles incendient mes saisons
boutant les contre-feux
Des autodafés ou des bûchers.
Le chant de mon sang s'adresse aux chiens.
Conçu dans l'infini,
il peut être entendu du plus grand nombre.

Je le tiens des fourmis.
Envoyées par les sbires
elles venaient avides à mon berceau
voler le miel de mes lèvres pour tenter de tarir ma parole.

Mon sang aujourd'hui est joyeux.
Il n'a cependant pas toujours chanté.
Jeune il fut de larmes.
Celles qui courent sur le fil des couteaux.
Mon chant a mémoire
du linceul d'aube blême qu'il portait
en ces temps de rafles et d'injures
où ça cognait ferme
dans les crosses aortiques.
Mon chant a beaucoup appris.
Il porte bannière d'ecchymoses
sur fond de casse-tête

Aujourd'hui il est devenu fier
mais il peut être déférent :
il parle chien
aux chiens ..."